L’abandon du patrimoine moderne
Magazine Continuité — La chronique Point de mire reflète la position d’Action patrimoine dans certains dossiers chauds. Cet été, elle offre un retour sur le dossier de l’église Saint-Gérard-Majella à Saint-Jean-sur-Richelieu, victime d’une démolition par abandon après 11 ans de sensibilisation et de lutte pour sa préservation.
Le sort de l’église Saint-Gérard-Majella à Saint-Jean-sur-Richelieu fait encore les manchettes. Après plus d’une décennie de lutte, le promoteur a obtenu ce 28 avril 2026, par l’approbation de son projet immobilier, l’autorisation de démolir l’église, et ce, après l’avoir laissée se dégrader pendant des années. En effet, le conseil municipal a approuvé la proposition en invoquant la loi 31, surnommée le « super pouvoir », qui permet aux municipalités d’accélérer la construction de logements sans respect complet des règles d’urbanisme, afin de contrer la crise du logement. L’église se retrouve ainsi victime de cette résolution après des années de négligence. Pourtant, Action patrimoine, et bien d’autres, ont lutté sans relâche pour éviter ce scénario.
Construite en 1962 selon les plans de l’architecture Guy Desbarats, l’église Saint-Gérard-Majella est témoin de l’architecture moderne au Québec. Elle se distingue par sa voûte asymétrique aux lignes courbes, qui lui confère une grande originalité, ainsi que par ses vitraux conçus par Jean-Paul Mousseau. Bâtiment incontournable selon l’Inventaire des lieux de culte du Conseil du patrimoine religieux du Québec, l’église ne bénéficie pourtant d’aucun statut de protection officiel, mais ce n’est pas faute d’avoir essayé !
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