Les parements de bois

L’histoire de l’architecture au Québec illustre l’usage intensif du bois, une ressource locale quasi illimitée. Il est le principal matériau traditionnel de revêtement extérieur. Durables, forts, légers et maniables, les bois mous (pin blanc, cèdre, cyprès, pruche et épinette) sont les plus fréquemment utilisés. Ils contiennent peu de résine, présentent peu de nœuds et retiennent bien la peinture. Ils peuvent s’abîmer malgré tout (parce que tendres), mais ils possèdent l’avantage d’être faciles à clouer et de résister au fendillement.


Les bâtisseurs avaient constaté très tôt l’efficacité d’un recouvrement de bois dans les conditions climatiques rigoureuses du pays. Au XVIIe siècle, le bardeau de bois était largement utilisé pour recouvrir toitures et murs, tant en milieu rural qu’en milieu urbain. On en limitera toutefois l’emploi au milieu rural dès le début du XVIIIe siècle à cause des risques d’incendie.


À cette époque, les bâtisseurs clouent des planches directement sur le carré de pièce sur pièce pour couper les infiltrations d’air froid et protéger les pièces de bois structurales. De même, l’isolation des murs de maçonnerie est améliorée en posant des planches sur des fonds de clouage fixés à cette maçonnerie. On utilise d’abord des planches ordinaires, parfois des planches embouvetées, que l’on installe jointivement, et on se sert même d’autres planches pour couvrir les joints. Puis, les artisans ont réalisé qu’en fixant les planches pour qu’elles se chevauchent, on améliorait l’évacuation de l’eau de ruissellement et on augmentait ainsi la longévité du revêtement. À l’usage, les bâtisseurs découvrent ainsi qu’en taillant les planches en biseau sur leur longueur, à la façon d’une pointe de gâteau, l’épaisseur du chevauchement est réduite, améliorant de cette façon la qualité de sa mise en œuvre. Le clin de bois protège la charpente et la structure des murs contre les intempéries. Il est facile à poser et ses lignes sobres ajoutent à l’attrait du bâtiment. Il y a quelques décennies encore, le clin de bois et le bardeau étaient les matériaux préférés pour le revêtement des murs extérieurs. Avec sa texture rugueuse qui fait danser la lumière, le bardeau caractérisait le paysage de nombreux villages. Dans certaines régions, on pouvait dénombrer une dizaine de motifs différents parfois agencés avec grande imagination.

Figure 1 : Revêtement de planche à clin de bois © Crédit photo : François Varin

À compter du milieu du XXe siècle, le bois cède la place à des matériaux de revêtement modernes comme le bardeau d’asphalte dans les années 1950-1960 et le déclin de vinyle ou d’aluminium à partir des années 1970, banalisant considérablement les paysages. En voulant à tout prix s’éviter des efforts d’entretien, la plupart des détails et éléments d’architecture qui faisaient la « personnalité » de nos bâtiments et qui caractérisaient nos villes et villages ont disparu. Ce ne sont pas tant les matériaux eux-mêmes qui posent problème, mais plutôt la façon de les mettre en œuvre. Leur pose oblige à simplifier les détails d’assemblage et à éviter de reprendre certains profilés, une modénature difficile à reproduire.

Figure 2 : Détails corniche et cornières de bois ajoutant au caractère du bâtiment © Crédit photo : François Varin

Depuis quelque temps, heureusement, les fabricants ont compris les avantages du bois et relevé le défi de son entretien en offrant des revêtements – bardeau ou clin – fabriqués, traités et peints en usine dans les meilleures conditions, dont la fréquence d’entretien est réduite. Ils sont parvenus à en faire un matériau plus performant et résistant que le vinyle ou l’aluminium, qui, quoi qu’on en pense, ne sont pas sans entretien. Par temps froid, le vinyle se casse sous un impact alors que l’aluminium se déforme et ne peut être réparé. En outre, la rapidité avec laquelle le marché offre ces produits de nouveaux profilés, de nouvelles couleurs et de nouvelles dimensions rend particulièrement difficile leur réparation à l’aide d’un produit de remplacement compatible et toujours disponible.


Le bois, lui, se répare et s’entretient facilement, en plus d’offrir l’avantage de pouvoir être changé de couleur à volonté, au gré de l’évolution des goûts des propriétaires. Tout en étant de conception simple et logique, les détails comme les planches cornières, les tablettes avec casse-goutte aux fenêtres et les rejets d’eau au bas des murs donnent aux architectures de bois un jeu de surfaces et de textures incomparable et de grand attrait. Ils confèrent au bâtiment son style et son caractère.

Figure 3 : Revêtement de planches à la vertical - Rivière-du-loup 1989 © Crédit photo : François Varin

Avant d'intervenir

Le revêtement extérieur protège les parois d’un bâtiment tout en lui donnant des qualités esthétiques qui le caractérisent et influencent sa valeur marchande. D’où l’importance de connaître les différents revêtements, de savoir juger de leur état et de prendre les mesures adéquates afin qu’ils durent plus longtemps.


Lorsque l’état du revêtement exige des travaux de réparation ou son remplacement, il faut procéder à une bonne évaluation, qui sera d’abord basée sur la valeur architecturale et historique du bâtiment, puis sur les aspects techniques des travaux envisagés. Une recherche préalable permettra de déterminer l’âge du bâtiment, son histoire, ses particularités architecturales, les modifications apportées au fil des ans, etc.. Avant d’intervenir, il faut savoir si le revêtement extérieur est d’origine, s’il a été modifié, quelles en sont les particularités. II existe plusieurs sources de renseignements pour obtenir cette information. La documentation écrite, tels les actes de vente et les permis de construction, donne souvent la description du bâtiment, sa date de construction, etc. La documentation iconographique (photos anciennes et dessins) apporte plus de précision sur le revêtement d’origine du bâtiment.


Toute intervention doit respecter l’harmonie des éléments architecturaux d’un bâtiment afin d’en conserver le caractère unique et d’assurer son intégration dans l’environnement bâti.

Problèmes fréquents

  1. Une détérioration des murs due à des gouttières défectueuses, à des solins défectueux (par exemple sur le dessus des fenêtres) ou de mauvais détails de construction;
  2. La présence excessive d’humidité et le pourrissement du bois causés par une mauvaise ventilation des murs;
  3. Des insectes logés dans le bois qui le détériorent;
  4. Des parties du revêtement qui sont déformées ou courbées;
  5. Des bardeaux gonflés, ondulés, descellés, pourris ou fendillés;
  6. Des taches, des moisissures, des efflorescences visibles sur le fini;
  7. Fendillement, écaillement, plissement ou décollement du fini;
  8. Des parements décolorés et salis;
  9. Cloque et pelage de la peinture entre deux couches. Des dépôts de saleté emprisonnés sous la peinture ou deux types de peinture incompatibles qui affectent l’adhérence de la nouvelle couche de peinture.
Figure 4 : Résultat d'un manque d'entretien © Crédit photo : François Varin

Inspection et travaux préliminaires

  1. Faire une inspection régulière du bâtiment chaque année, et en faire une plus détaillée aux cinq ans afin d’évaluer l’état de santé du parement et des couches de peinture qui le recouvrent.
  2. Identifier la présence anormale d’humidité qui peut indiquer une avarie de la toiture, de l’encadrement des fenêtres ou aux gouttières. Enrayer les causes des détériorations avant la réparation du parement.
  3. Pour choisir les matériaux de revêtement, analyser d’une part les critères esthétiques (type de matériau, dimensions) et, d’autre part, les critères techniques (installation, entretien, solidité, valeur isolante, étanchéité, dilatation, durabilité, coûts).
  4. Prévenir les infestations d’insectes par un entretien régulier. Enlever les pièces de bois qui traînent près du bâtiment ou, si possible, dans le sol qui l’entoure. (Pour le traitement contre les insectes, voir la fiche sur la charpente.)
Figure 5 : Type de revêtements de bois ; a) Planches verticales juxtaposées; b) Planches embouvetées; c) À clin; d) À couvre-joint; e) Bardeau de bois; f) À feuillure.

Remplacement d’un revêtement de clin de bois

Lorsque nécessaire de refaire en entier le revêtement :

  1. Enlever le vieux revêtement en notant les détails de mise en œuvre particuliers.
  2. À moins de recourir aux planches séchées et traitées fournies par des fabricants reconnus, assurez-vous que les nouvelles planches soient bien séchées afin d’éviter leur déformation éventuelle. Le plus souvent, les planches sont blanchies sur une face (varlopées) et agrémentées d’une mouluration apparente comme un petit boudin.  La largeur des planches varie entre 15 et 20 cm (6 à 8 pouces), ce qui donne une partie exposée après chevauchement de 7 à 10 cm (3 à 4 pouces). Aujourd’hui, grâce à la scie circulaire, la largeur des planches peut aller jusqu’à 23 cm (9 pouces).
  3. Installer un rejet d’eau à la base du mur, avec une pente appropriée de plus ou moins 15 degrés, ce qui permettra de repousser l’eau de ruissellement loin du mur.
  4. Une fois les planches cornières installées, fixer au bas du mur la première planche, au-dessus du rejet d’eau, pour éviter la pourriture au contact répété avec l’humidité.
  5. Poser le clin de bois de bas en haut, la rangée supérieure chevauchant l’autre. La meilleure manière de clouer est celle dite à clou caché : le clou fixé dans la partie supérieure de la planche sera dissimulé par la planche posée au-dessus.
  6. Terminer l’ouvrage à la partie supérieure du mur par la pose d’une planche à la façon d’une frise.
  7. Aux angles extérieurs, assembler les planches en les faisant buter contre des planches cornières verticales. La méthode de pose à onglet demeure difficile d’exécution : elle demande une grande précision de coupe et l’angle a toujours tendance à ouvrir, exposant ainsi le mur à une infiltration d’eau. La méthode à planches cornières représente la façon la plus étanche de fermer les angles extérieurs, et aussi la plus élégante, puisqu’elle délimite bien chaque pan de mur. Quant aux angles intérieurs, les planches viennent buter contre un montant de section carrée.


Lorsque quelques réparations seulement s’imposent:

 

  1. Reclouer les planches détachées. Enfoncer et mastiquer les têtes de clous. Repeindre.
  2. Bien colmater les joints ouverts aux angles ou autour des encadrements.
  3. Ouvrir légèrement, en la laissant en place, une planche faiblement fendillée. Mettre de la colle pour extérieur dans la fente, puis pousser sur la planche à l’aide d’un bloc de bois pour refermer le tout.
  4. Scier les parties déformées, courbées ou pourries en veillant à faire les traits de scie vis-à-vis des montants structuraux ou un fond solide afin de pouvoir reclouer la nouvelle planche. Effectuer le travail à l’aide d’un ciseau à bois pour briser la planche en morceaux sans abîmer les parties saines. Tailler ensuite la pièce neuve de la dimension voulue et pousser à serre en utilisant un bloc de bois pour éviter d’endommager la planche.
  5. Pour éviter le fendillement du bois sec en clouant, perforer préalablement des trous aux emplacements des clous, puis mastiquer les têtes de clous.
Figure 6 : Maison avec pignon en bardeaux de bois, Île d'Orléan © Crédit photo : Alexandra Michaud

Remplacement d’un revêtement de vinyle ou d’aluminium par un revêtement de clin de bois

Le vinyle et l’aluminium sont fréquemment appliqués directement sur le revêtement d’origine. Dans la majorité des cas, seuls les éléments de décor tels les encadrements auront été enlevés. Révélées une fois le dernier revêtement cureté, les traces de ces éléments faciliteront leur remise en état. Si on soupçonne qu’un revêtement de bois est dissimulé sous un revêtement récent, on procède comme suit :

 

  1. Observer attentivement les façades du bâtiment;
  2. Effectuer un curetage sélectif pour en révéler l’existence;
  3. Utiliser des photos anciennes permettant d’illustrer l’apparence qu’avait le bâtiment à d’autres époques. Les propriétaires peuvent ainsi retracer l’évolution du bâtiment et identifier ses matériaux d’origine. Les photos pourront également laisser entrevoir la présence sous-jacente d’éléments significatifs et de détails caractéristiques perdus au moment de l’installation du revêtement de vinyle ou d’aluminium;
  4. Pour la suite, procéder comme indiqué pour le remplacement d’un revêtement de clin à partir de c).
Figure 7 : Maison avec un revêtement en bardeaux de cèdre, Île d'Orléan © Crédit photo : Alexandra Michaud

Réparation d’un revêtement mural de bardeau de bois

Le bardeau de cèdre offre une grande résistance à la pourriture et son volume est peu affecté par le séchage. Sa durabilité (plus de 60 ans) dépend de sa qualité et de la manière dont on le pose.

  1. Fabriqués de cèdre blanc du Québec, les bardeaux s’obtiennent en plusieurs qualités, dont le bardeau clair, sans nœud, sans défaut, de la plus haute qualité, qui est employé pour la toiture et le bardeau clair de nœuds dans sa partie exposée (le pureau) pour les murs extérieurs. Il en existe plusieurs catégories qui vont de l’«A-extra» à la catégorie «utilité»(voir la fiche sur les toitures de bardeaux).
  2. Poser le bardeau de bas en haut. La première rangée est constituée de préférence de trois rangs superposés, qui débordent de 2,5 cm (1 pouce) au bas du mur afin d’éviter la remontée d’eau.
  3. Comme pour le revêtement à clin de bois , on installe un rejeteau soutenu par une planche de rive pour, d’une part, bien protéger de l’infiltration d’eau la liaison de l’assise du bâtiment sur le haut de la fondation et, d’autre part, pour éloigner l’eau de pluie des planches cornières. Le revêtement de planches comme de bardeau de bois est appliqué directement sur le carré ou sur un revêtement pare-air pour assurer une étanchéité suffisante. Clouer les bardeaux avec des clous grosseur 14 mesurant de 3,12cm à 3,75cm (11/4 à 11/2 pouces). Les poser à environ 1,87cm (3/4 de pouce) des rives et à 2,5 à 3,75cm (1 à 1 1/2 pouce) au-dessus de la ligne du pureau. Les clous sont ainsi cachés par le rang supérieur.
  4. Espacer les bardeaux légèrement (63mm) s’ils ne sont pas préalablement séchés en usine et traités, et ce, afin d’éviter le gonflement, l’ondulation, le descellement ou le fendillement, lorsque mouillés.
  5. Aligner les rangs de bardeaux à l’aide d’un cordeau, sorte de ligne à chaux qui permet de marquer temporairement la surface.
Figure 8 : Maison avec pignon et toiture en bardeaux de cèdre, Île d'Orléan © Crédit photo : Alexandra Michaud

Réparation des finis sur les revêtements de bois

Une bonne couche de peinture prévient la pénétration d’eau. La fréquence et la nature de l’entretien d’un parement de bois dépendront des conditions climatiques locales, de l’orientation du bâtiment et des murs, et même de la position des éléments architecturaux dans le mur.

Entretien normal :

  1. Nettoyer la saleté et les dépôts blanchâtres dus à la désintégration de la peinture par un bon lavage à l’eau sous pression du boyau d’arrosage (attention aux jets trop puissants d’appareils de lavage qui endommagent le bois). Pour les saletés tenaces, nettoyer à l’aide d’une brosse de crins souple et d’un détergent ménager dilué dans l’eau, puis rincer. Une fois le mur bien séché, examiner de nouveau pour évaluer la nécessité de repeindre.
  2. Gratter la peinture qui s’écaille, puis poncer pour adoucir la surface et faciliter l’adhérence de la nouvelle couche de peinture. Porter une attention particulière aux parties finement moulurées et aux éléments décoratifs.
  3. Calfeutrer aux endroits appropriés pour augmenter l’étanchéité du revêtement. S’assurer que le type de calfeutrage (Mono) utilisé peut être peint et qu’il se nettoie facilement. N’utiliser le mastic (qui durcit en séchant) que pour boucher les petits trous, les fissures et pour recouvrir les têtes de clous.

Interventions majeures :
Des méthodes inappropriées, lorsqu’il s’agit par exemple d’enlever la peinture jusqu’au nu du bois, peuvent modifier considérablement l’aspect visuel d’un bâtiment. Un sablage mal fait, par exemple, affecte sérieusement la résistance du bois et accélère sa détérioration. Décaper la vieille peinture seulement si les couches de peinture sont trop nombreuses.

  1. Si nécessaire, utiliser les décapants chimiques ou biodégradables sur des surfaces irrégulières comme les encadrements et les moulures. Appliquer le produit avec un pinceau et décaper à l’aide d’un grattoir. Terminer en frottant la surface avec un papier sablé fin.
  2. Utiliser les outils électriques chauffants (240ºC-430°C) pour décaper les grandes surfaces. Éviter de laisser l’outil trop longtemps au même endroit pour prévenir les risques de feu. Ne pas utiliser d’outils chauffants à plus de 430°C, en particulier les torches au propane, qui endommagent le bois et peuvent causer un incendie.
  3. Effectuer le sablage (dans le fil du bois) avant l’application d’une nouvelle couche de peinture. Éviter d’utiliser les brosses de métal et le jet de sable, qui abîment le bois.
  4. Mettre une couche d’apprêt et donner deux couches de peinture acrylique au latex.
  5. Poser un enduit liquide tels la teinture (opaque ou semi-transparente) , un vernis (peu recommandé pour les revêtements extérieurs) ou du lait de chaux, selon la nature du bâtiment.
Figure 9 : Entretien de parement de bois et décapage avant d'appliquer la peinture© Crédit photo : François Varin

Conseils

Le choix de la peinture
Les peintures et l’alkyde (à base d’huile), épais et lustrés, ont un fini qui ressemble à celui des peintures traditionnelles à l’huile de lin. Elles adhèrent bien aux anciennes peintures et résistent aux intempéries. Leurs défauts : leur fragilité (durcissement et contraction en séchant) et leur imperméabilité qui peut causer un écaillement si le mur est mal ventilé. Les latex (à base d’eau) sèchent vite sans dégager d’odeur ni de vapeurs toxiques, ne se contractent pas, mais risquent de s’écailler si on les applique sans un apprêt adéquat sur un fond de peinture à l’huile ou à l’alkyde.


Autres enduits :

  1. La teinture opaque protège bien et demande peu d’entretien, mais masque le grain du bois.
  2. La teinture semi-transparente accorde moins de protection, mais laisse voir toute la richesse du bois (grain, nœuds).
  3. Les vernis ne sont pas recommandés pour les surfaces extérieures en bois. Ils sont difficiles d’entretien, fragiles, et laissent passer les rayons ultra-violets du soleil qui, avec l’humidité, détériorent la surface du bois.
  4. Le lait de chaux est l’un des plus anciens types d’enduit, que l’on retrouve maintenant presque exclusivement sur les murs des bâtiments ruraux. C’est un très bon produit, peu coûteux, qui écarte les insectes et empêche la pourriture du bois. Mais il n’est pas très durable et se délave avec le temps. Il existe aujourd’hui des formules de chaux et de ciment qui augmentent la résistance et la durabilité de l’enduit. Le lait de chaux s’applique en couches minces, avec un pinceau ou une grande brosse, préférablement par temps chaud.

Conseils généraux

  1. La documentation pour permettre de comprendre l’évolution de la maison se trouve à différents endroits, entre autres dans les services municipaux (permis et inspections, évaluation foncière, bureau d’enregistrement, archives), les centres de documentation des bureaux régionaux du ministère de la Culture et des Communications, les bibliothèques, chez les anciens propriétaires ou les habitants du quartier. Les sociétés d’histoire et de patrimoine locales peuvent également être de bonnes sources d’information concernant les bâtiments anciens.
  2. Éviter les nouveaux produits qui n’ont pas fait leurs preuves et les modes qui, par exemple, vous feraient placer des clins de bois à la diagonale.
  3. En milieu rural, les bardeaux de bois s’installent sans protection particulière. On peut toutefois les peindre, les teindre, les chauler ou les imprégner d’un préservatif clair. Ce dernier augmente leur résistance à la pourriture et minimise les risques de grisonnement. En milieu urbain, des bardeaux ignifugés peuvent être employés. Il vous faudra vérifier cette possibilité avec le service des permis de votre municipalité.
  4. Les produits chimiques tels les décapants comportent des risques pour la santé de l’utilisateur ou pour l’environnement. Il faut s’en servir avec prudence et en restreindre l’usage.
Figure 10 : Maison avec parement de bois, Île d'Orléan © Crédit photo : Alexandra Michaud

À propos de la peinture

  1. L’accumulation même des couches de peinture au fil des ans présente un intérêt certain pour l’histoire de l’occupation du bâtiment. Pour un propriétaire averti, elle renseigne sur les couleurs originales utilisées et sur les goûts des occupants qui se sont succédé.
  2. Selon les conditions révélées par l’analyse de l’état de la peinture, choisir le traitement adéquat pour obtenir une adhérence maximum de la nouvelle couche de peinture.
  3. La peinture des planches cornières d’une couleur différente du mur donnera le plus bel effet.
  4. Si l’enlèvement généralisé de toutes les couches de peinture était souhaitable, il serait intéressant qu’une petite surface soit gardée intacte à un endroit accessible, mais peu visible, et ce, pour témoigner de la petite histoire de ces couches de peinture. Cette surface serait d’un minimum de 1 mètre carré.
  5. Durant le décapage, protégez-vous adéquatement selon la méthode utilisée : masque contre les particules de peinture, lunettes de protection, gants, vêtements ininflammables.

Renseignements pratiques

Matériel et outils :

  1. Certaines entreprises (Maibec, Goodfellow. etc.) ont développé des produits intéressants qui peuvent, par contre, ne pas adéquatement reproduire les détails propres à un bâtiment. Elles offrent aux propriétaires un clin de bois de différents profilés, de couleurs variées et de bon ton. Ce clin de bois ne requiert pas d’entretien durant les 15 premières années, et, si on a pris soin alors de le repeindre d’une même couche de teinture ou de peinture, il durera jusqu’à 25 ou 30 ans, selon les recommandations du fabricant.
  2. Le bardeau se vend à la toise ; chaque toise comprend quatre paquets et couvre 100 pieds carrés. En milieu urbain ou rural, les marchands de bois ou les grandes quincailleries vendent du bardeau de bois de différentes qualités. Par souci d’économie, vous pouvez acheter directement du fabricant, en consultant les pages jaunes de votre localité ou les répertoires de produits du Québec.

Fait à noter : les petites scieries en région peuvent produire le clin selon les spécifités voulues.

Coûts et main-d’œuvre


Concernant la main-d’œuvre spécialisée, s’adresser à la Régie des entreprises en construction pour savoir si les personnes recommandées détiennent un permis. L’Association des propriétaires et amis des maisons anciennes du Québec (APMAQ) a publié un répertoire des artisans et des personnes-ressources en restauration. Des soumissions détaillées demandées à plusieurs entrepreneurs donneront un aperçu précis des déboursés. Il est fortement recommandé, par la suite, d’assurer une bonne surveillance du chantier pour contrôler la qualité du travail.

Bibliographie

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17. Ville de Québec, Guide technique 9,Les revêtements de bois, Série Guides Techniques Maître d’œuvre, 1988-1991, 24 pages

18. WEAVER, Martin E., Conserving Buildings : A Guide to Techniques and Materials, New York : John Wiley (1993).

19. Willson, Steve, Exterior House Trim, Creative Homeowner, 2007, 207 p.

Ces fiches techniques remaniées et illustrées sont le résultat d’une collaboration étroite entre le magazine Continuité, Action patrimoine et leur auteur, l’architecte François Varin. Veuillez noter qu’elles se veulent un outil d’accompagnement pour guider la réflexion en matière d’intervention sur le patrimoine bâti; elles ne remplacent en rien l’expertise et le travail d’un professionnel.

© François Varin, Éditions Continuité et Action patrimoine. Révisions: François Varin, Louise Mercier et Alexandra Michaud. 
Dessins techniques: Alexandra Michaud ©