Troisième lien : nos inquiétudes pour l’île d’Orléans

Dans une lettre envoyée le 6 décembre dernier au premier ministre du Québec, François Legault, nous lui faisions part de nos inquiétudes quant au possible passage sur l’île d’Orléans d’un troisième lien Québec-Lévis. Nous souhaitions rappeler le statut de l’île, désignée patrimoniale depuis 1970, et les éléments importants de son plan de conservation.

Lettre envoyée le 6 décembre 2018 au premier ministre du Québec

Ces dernières semaines, la couverture médiatique traitant d’un troisième lien passant par l’île d’Orléans a éveillé des craintes chez les professionnels du patrimoine et les citoyens quant à l’avenir et à la préservation de ce site patrimonial. De plus, votre discours inaugural du 28 novembre dernier faisait mention du possible passage du 3e lien sur l’île. Par conséquent, Action patrimoine désire vous faire part de l’historique de classement et de quelques éléments importants du Plan de conservation du site patrimonial de l’Île-d’Orléans que nous jugeons essentiels pour la préservation, la conservation et la mise en valeur de ce site unique.

 

Depuis 1970, l’entièreté de l’île est déclarée site patrimonial en vertu de la loi sur le patrimoine culturel. Rappelons que déjà en 1935, la construction du pont et l’augmentation de la circulation soulevaient des craintes quant à la préservation du cadre bucolique de l’île, ce qui a incité le gouvernement à adopter une loi afin d’en préserver l’aspect rural[1].

 

Déclarée notamment pour ses valeurs paysagères et historiques, cette île emblématique est reconnue pour son caractère insulaire et rural unique. En plus des caractéristiques du cadre naturel, du cadre bâti, des unités de paysages, des qualités visuelles et autres, nous tenons à attirer votre attention plus particulièrement sur le réseau viaire développé dans le Plan de conservation.

 

Voici donc les orientations générales énoncées :

  • Conserver et mettre en valeur les caractéristiques historiques du réseau viaire du site patrimonial;
  • Préserver la configuration historique du réseau viaire et respecter son rôle dans la structuration de l’espace;
  • Ne pas favoriser l’ouverture de nouveaux parcours, notamment de parcours d’implantation, sauf si l’objectif est de consolider les secteurs villageois[2].

 

Considérant les arguments exposés ci-dessus, le gouvernement du Québec doit considérer le statut particulier de l’île d’Orléans dans la prise de décision de tout projet de développement.

 

Nous restons à votre disposition pour toute collaboration concernant le patrimoine bâti et les paysages culturels.

[1] Plan de conservation du site patrimonial de l’Île-d’Orléans, Ministère de la Culture et des Communications, 2017, p. 10.

[2] Ibid., p. 71.

Le contenu des avis relève du comité Avis et prises de position (APP) qui a pour mandat de sensibiliser le plus grand nombre à la préservation du patrimoine bâti et des paysages culturels. 

Composé d’au moins cinq professionnels (urbanisme, architecture, histoire et patrimoine, pour plusieurs membres du conseil d’administration), ce comité se réunit à chaque mois. Les dossiers priorisés ont soit valeur d’exemple soit découlent d’une situation faisant craindre une perte imminente.

Par souci de transparence, nous publions les avis et prises de position sur ce site web quelques jours seulement après l’envoi au destinataire.