Protection de la maison René-Lévesque

Le 18 décembre 2014, Action patrimoine envoyait à la ministre de la Culture et des Communications une lettre témoignant ses inquiétudes concernant l’état de la maison René-Lévesque à New Carlisle ainsi qu’une demande de protection urgente de la maison natale de M. René Lévesque, premier ministre du Québec de 1976 à 1985, en hommage au rôle exceptionnel qu’il a joué dans le développement du Québec moderne.

Protection urgente de la maison René-Lévesque, New Carlisle

Nous éprouvons une vive inquiétude en ce qui concerne la maison René-Lévesque, un bâtiment reconnu depuis 1995 et classé immeuble patrimonial au moment de l’entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel du Québec en 2012. Cette loi entend clairement commémorer de différentes façons la contribution des premiers ministres du Québec.


Au moment de ce classement, l’intention du gouvernement était claire : reconnaître monument historique national la maison natale de M. René Lévesque, Premier ministre du Québec de 1976 à 1985, en hommage au rôle exceptionnel qu’il a joué dans le développement du Québec moderne. Or, rien ne permet de croire depuis que le bien est protégé adéquatement et qu’une résolution de problème est en voie d’être trouvée avec le propriétaire actuel. Ce dernier, pour des raisons qui nous échappent, fait preuve d’une mauvaise foi indéniable, même seulement pour rendre accessible le bien aux représentants de votre ministère qui nous ont confirmé avoir à maintes reprises essayé d’obtenir sa collaboration. Il y a dialogue de sourds.

Une impuissance constatée

Comme les années passent et que la maison, maintenant abandonnée, ne bénéficie d’aucun entretien adéquat, nous sommes enclins à penser qu’elle nécessite maintenant des mesures exceptionnelles, faute de quoi ce bien disparaîtra et avec lui toute sa force évocatrice lié à l’histoire de l’un des premiers ministres les plus significatifs du Québec contemporain. Après plusieurs contacts dans le milieu, nous sommes à même de comprendre que tous – associations et municipalité – sont prêts à agir, mais qu’ils sont impuissants à résoudre le problème de fond.


Cette impuissance constatée, nous vous demandons d’user de tous vos pouvoirs les plus directs pour dénouer l’impasse, même si cela signifiait de restreindre les droits du propriétaire. Celui-ci rappelons-le, n’habite plus la résidence.


Nous rencontrons parfois dans la protection du patrimoine de ces propriétaires qui sont incapables de mettre en œuvre les actions nécessaires à la préservation du patrimoine national dont ils ont la responsabilité. Baisser les bras devant cette situation et laisser le temps détériorer le bien patrimonial n’est pas une option, car il s’agit là d’une insulte à tout un peuple qui croit que les biens ayant reçu la désignation de classement par l’État comme patrimoine possédant un sens collectif reçoivent toute l’attention nécessaire à assurer leur pérennité et leur transmission aux générations futures.

Le contenu des avis relève du comité Avis et prises de position (APP) qui a pour mandat de sensibiliser le plus grand nombre à la préservation du patrimoine bâti et des paysages culturels. 

Composé d’au moins cinq professionnels (urbanisme, architecture, histoire et patrimoine, pour plusieurs membres du conseil d’administration), ce comité se réunit à chaque mois. Les dossiers priorisés ont soit valeur d’exemple soit découlent d’une situation faisant craindre une perte imminente.

Par souci de transparence, nous publions les avis et prises de position sur ce site web quelques jours seulement après l’envoi au destinataire.